Plusieurs guitares? Laquelle jouer?

Très souvent il arrive que on entende plusieurs guitares dans un morceau. Le but de cette partie sera de choisir laquelle ou lesquelles jouer et comment faire pour adapter son jeu aux différentes parties.

1. Les différents sons.
Dans de nombreux morceaux, vous serez amenés à entendre différents réglages de guitare voire même différents instruments (acoustique/électrique).
Lorsque je commence à travailler sur une cover, je m’intéresse aux sons que je vais utiliser. Ma pédale ne permettant d’utiliser que 4 presets, je dois choisir dans le morceau quels types de sons je vais devoir utiliser.
Souvent, la base consiste en :
  • Un son clair
  • Un crunch ou distortion très faible
  • Une distortion
  • Un réglage particulier (solo ou effet selon le morceau)
Il est très important de distinguer les différents sons utilisés sans quoi il sera difficile de rendre la dynamique du morceau original. Lorsque le refrain intervient par exemple, très souvent on a l’impression que le volume augmente. Ce n’est pas vraiment le cas, les instruments sont mis en valeur d’une autre manière, donnent plus d’impact ou les réglages diffèrent. Pour rester fidèle à cette sensation, il ne faut pas hésiter à moduler les réglages.
Et si je n’ai pas de pédalier? De ma propre expérience, sans pédalier ou effets, on se trouve très vite limité. Mais rien n’est impossible : si le morceau utilise un son clair et une distortion par exemple, on peut régler sa disto et jouer avec le volume de la guitare. Lors des passages en son clair, baisser le volume sur la guitare et le rebooster d’un coup de main aux passages avec distortion. Cela demande un peu de doigté et ce n’est pas toujours très fidèle mais à défaut d’autre chose on s’en contentera.
2. Rythmique? Lead? Les deux?
Quand un morceau comprend une partie lead (solo, mélodies…), il faut se poser une question très simple : qu’est ce que j’entends?
Il n’est pas si compliqué de choisir quoi jouer quand on se pose les bonnes questions. Essayez de vous chanter les parties instrumentales du morceau et vous verrez ce qui reste.
Lors des passages « mélodiques » il faudra réfléchir à ce que l’on décide de jouer. Si la mélodie est primordiale et que c’est sur elle que repose le passage, dans ce cas je la joue. Si jouer la mélodie crée un « trou » dans ce que l’on joue (c’est à dire que l’on passe de quelque chose très pêchu à quelque chose de très vide), dans ce cas autant garder la partie rythmique.
Les solos quant à eux requièrent de la technique. S’il est abordable, autant le jouer, s’il ne l’est pas alors il ne reste plus qu’à accompagner.
a) Je joue le solo : Dans ce cas il faut porter attention à l’enchaînement avec le reste du morceau. Si le solo intervient au beau milieu d’un passage rythmique il faut réussir à l’attaquer sans créer de trou juste avant, il sera question d’entraînement il n’y a pas de méthode miracle (ou alors vous laissez tomber la rythmique au début de la mesure mais esthétiquement ça ne sonnera pas : il y aura un trou).
Attention à la conclusion du solo, et ce pour les mêmes raisons : si la rythmique reprend alors que la dernière note du solo est encore en train de vibrer, il faudra veiller à reprendre la rythmique de façon adéquate. Si l’on tarde trop à reprendre la rythmique, alors on joue une note qui est en train de s’éteindre et on crée un blanc. Si l’on reprend trop tôt en chuintant la dernière note, très souvent on perdra la dynamique global du solo car il manquera la note de résolution.

Dans la vidéo suivante par exemple, la dernière note du solo est jouée jusqu’à la fin. Sur CD, ça sonne car la rythmique continue. Seul en revanche… J’ai ici choisi de jouer jusqu’à cette dernière note que je maintiens jusqu’à ce que la rythmique reprennent au début de son motif puis je repars sur le riff.

Conclusion : si l’on peut jouer le solo, jouons le. mais faisons en sorte de garder le dynamisme insufflé par le reste du morceau.
b) Je ne joue pas le solo : pas de soucis mais là se pose une question : Y a-t-il une partie rythmique? Si oui, alors il faudra jouer cette partie et donc la déchiffrer (bien que très souvent il s’agit d’un thème déjà abordé dans le morceau). Sinon, il va falloir en trouver une. Le plus simple sera de s’intéresser à la ligne de basse qui accompagne le solo et de s’y adapter. Si le basse ne joue que des notes détachées, il faudra trouver les accords correspondants (majeurs? mineurs?) et une rythmique adéquate. Seules vos oreilles pourront juger de l’efficacité de votre accompagnement. Le plus important étant de combler le vide intelligemment.
3. Mêler 2 instruments (2 guitares ou guitare + autre)
Enfin, on peut également décider d’agrémenter la partie jouée en utilisant les autres instruments présents. Je vais me baser sur un exemple concret.
Dans cette vidéo je reprends un morceau acoustique. L’instrument principal tout au long du morceau est bien entendu la guitare acoustique. Cependant à partir d’ 1.20, j’ajoute une montée sur la corde de Mi aigu. Si vous écoutez le morceau original (trouvable sur youtube) vous entendrez que cette montée fait partie d’une mélodie jouée au clavier. Il m’était impossible d’ajouter l’intégralité de cette mélodie, mais la montée s’intégrait bien. Il me semblait important de la placer ici pour rompre la monotonie (3 fois le même thème), d’autant plus qu’elle arrive à la fin et donne une sensation de crescendo.
4. Mais, il n’y a pas de guitare là! Je fais quoi???
Dernière option. S’il n’y a pas du tout de guitare. Un trou. Un blanc. Que faire?
Il n’y a que 2 solutions.
– Soit il s’agit d’un passage « inarrangeable », c’est à dire que le morceau est conçu pour laisser un vrai blanc (basse seule par exemple, ce qui est assez fréquent dans des groupes comme Rammstein notamment). Dans ce cas il n’y a pas grand chose à faire. On peut doubler la ligne de basse mais ça ne sonne que très rarement. Très souvent, dans ce cas de figure il ne reste qu’à attendre. C’est ce que j’ai du faire ici dans ce morceau d’American Head Charge (à 30sec)
– Soit il s’agit d’un autre instrument auquel pourrait se substituer la guitare comme dans cette cover de Shaka Ponk (de 16 à 44sec)

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Dans cette situation il suffira de déchiffrer de la même manière qu’on le ferait avec une partie guitare puis de le jouer avec un son qui convient.
Encore une fois lorsque l’on décide de reprendre à l’oreille, qui plus est quand on joue seul, il faut garder en tête que la guitare n’est qu’une composante du morceau, qu’il faut parfois faire des arrangements pour éviter les blancs disgracieux. Cela demande de la patience et beaucoup d’écoute.
Quoiqu’il en soit, ce type d’exercice permet de développer son oreille, de prendre en compte les autres instruments et de comprendre qu’un morceau est un tout (et non pas une suite de riffs).
Reprendre un morceau c’est parfois revisiter, réinterpréter. Avoir ce genre de démarche ne peut qu’aider dans un parcours de musicien.

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